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Solo Cross-Country 1997 → MSFS 2025 – Étape 3 : De L22 à Montgomery Field (KMYF) – La course contre le soleil

C’est parti pour la dernière étape de ce vol !

Le plein enfin fait à Yucca Valley (L22), pas question de traîner. Je redécolle presque aussitôt, encore porté par l’adrénaline de ma mésaventure à Twentynine Palms (KTNP) et son fameux camion de carburant désespérément vide. J’ai déjà un bon retard sur le planning, et pour un élève pilote en solo, il y a une règle d’or, absolue, non négociable : on se pose avant le coucher du soleil. Point final. Pas de « presque », pas de « ça passe ». C’est une course contre la montre qui s’engage.

Le plan de vol est pourtant simple : cap au sud vers le VOR de Julian (JLI) en traversant l’immense couloir désertique qui borde la région de Palm Springs, puis virage à l’ouest direction San Diego et Montgomery Field (KMYF).

Aligné, prêt au décollage piste 24 à Yucca Valley (L22) pour cette ultime étape.

Juste après le décollage, je franchis le relief des Little San Bernardino Mountains pour plonger vers la vallée de Coachella. Oui, l’endroit même du célèbre festival de musique, sauf qu’en ce mois d’avril 1997, point d’influenceurs en tenue bohème à l’horizon.

Survol de Little San Bernardino Mountains

Je survole la ville de Palm Springs, ce qui suffit à me rappeler quelques séries TV phares de l’époque (sortez les génériques en synthétiseur !). Une fois la vallée derrière moi, je me faufile entre deux gros morceaux : le mont San Jacinto au nord et les Santa Rosa Mountains au sud.

La vallée de Coachella et la ville de Palm Springs
Palm Springs
Le soleil commence sérieusement à être bas!
Le Lake Henshow devant à droite

À l’approche du VOR de Julian, la vigilance monte d’un cran. Petit rappel pour les plus jeunes : nous sommes en 1997, le GPS dans les avions est encore une douce utopie. En VFR, on navigue à l’ancienne, à la force de l’œil et en suivant des balises radio. Le problème, c’est que tout le monde suit les mêmes balises. Un VOR, c’est un peu le rond-point de la Maladière (Lausanne) à l’heure de pointe, mais en trois dimensions.

On distingue le VOR de Julian légèrement sur ma gauche et mon prochain point de passage plus loin un peu à droite: El Capitan Reservoir

C’est à ce moment précis que je me souviens d’une sensation étrange. J’étais à bord d’un Cessna 152 qui affiche fièrement une vitesse de croisière de 95 nœuds (175 km/h – une vitesse d’escargot pressé, disons-le), et pourtant j’avais l’impression de participer à une course de Formule 1. Il faut dire que pour gratter de précieuses minutes sur le soleil, je suis en descente, manette des gaz bien enfoncée, poussant la bête à une vitesse folle de…110 nœuds (200 km/h). On s’accroche !

Au-dessus de El Capitan Reservoir, visuellement facile à reconnaître

Le passage sur El Capitan Reservoir indique l’entrée dans la zone de San Diego.

El Capitan Reservoir avec son barrage

Pendant ce temps, le disque solaire descend, implacable, teintant l’horizon d’un orange dramatique. San Diego apparaît enfin, sa silhouette familière découpée dans une brume dorée magnifique… mais un poil stressante.

On commence à distinguer la baie de San Diego tout au fond
Pas facile de distinguer la piste de Montgomery

En courte finale sur Montgomery Field, le suspense est digne d’un film hollywoodien. Ça va se jouer à quelques dizaines de secondes près. La lumière vire au rouge, le cockpit s’assombrit, et une petite voix au fond de moi panique à l’idée que le soleil ne disparaisse totalement une seconde avant le toucher des roues, transformant mon exploit en infraction.

Et puis… Couic ! Les roues touchent le sol.

Exactement au moment où le soleil tire sa révérence sous l’horizon. Timing parfait.

Je n’oublierai jamais cet instant, ni le soulagement immense qui a envahi le cockpit. Après cette journée interminable faite d’imprévus, de camions vides, de stress, d’euphorie et de paysages à couper le souffle, ce dernier filet de gomme sur la piste marquait la fin de l’épreuve la plus importante de ma formation : le grand cross-country solo, ultime étape décisive vers l’obtention du PPL.

👉 Ce dernier segment clôture la reconstitution sur MSFS 2024 de ce vol fondateur de 1997. Un immense merci d’avoir suivi cette aventure rétro-numérique ! D’autres récits suivront peut-être… car, vous le savez, les souvenirs d’un pilote ne cessent jamais de voler.

Solo Cross-Country 1997 → MSFS 2025 – Étape 2 : De Yuma (KNYL) à Twentynine Palms (KTNP)… puis L22 !

Après un bon sandwich pour faire redescendre la pression, il est temps de repartir.

Je me sens tout petit à côté de cet appareil…

À peine ai-je décollé de Yuma et repris un cap vers le nord que deux F-15 surgissent et me frôlent à pleine vitesse. Impossible de savoir s’ils m’ont vu… mais moi, en tout cas, je les ai bien vus. Nouveau petit moment de solitude en cockpit, et une pensée immédiate : j’aurais peut-être dû être plus clair avec le contrôle aérien. Trop tard. Je poursuis, un peu moins serein, vers ma première balise.

Heureusement, en continuant vers le nord, le décor change rapidement. J’entre dans des zones bien plus désertiques, et avec elles, un sentiment de tranquillité… relatif.

Je longe alors le fleuve Colorado, véritable artère vitale du Sud-Ouest américain. À cet endroit précis, il marque la frontière entre l’Arizona et la Californie. Difficile de ne pas penser à son importance : des milliers de kilomètres, des paysages mythiques comme le Grand Canyon, et surtout une source d’eau essentielle pour des millions de personnes. Vu d’en haut, il tranche littéralement avec l’aridité environnante.

Je longe la frontière entre l’Arizona et la Californie, le long du Colorado

Après le passage du second VOR, le décor devient encore plus austère. Du désert, encore du désert. Quelques collines, des routes droites à perte de vue… faciles à suivre, mais toutes identiques. Le genre d’endroit où une petite erreur de navigation peut vite arriver.

Cela dit, il y a un avantage non négligeable : en cas de panne moteur, on a l’embarras du choix pour se poser. Bon… il faudra juste être patient avant de croiser quelqu’un.

Petit clin d’œil au présent : dans cette version MSFS 2024, j’aperçois plusieurs parcs solaires. Évidemment absents en 1997. Comme quoi, même en revivant le passé, le monde moderne s’invite dans le paysage.

Parc solaire

Je passe ensuite au nord du parc national de Joshua Tree. Impossible de ne pas penser à l’album mythique de U2. Bande-son parfaite de toute cette aventure à l’époque… et encore aujourd’hui, il faut bien l’avouer.

Parc national de Joshua Tree

L’arrivée sur KTNP est, elle, plutôt simple. Il suffit de suivre la route depuis le VOR, et la piste apparaît quasiment toute seule, lovée dans un virage. Une formalité après les émotions du départ.

On aperçoit le VOR TNP juste sous mon aile gauche

Je me pose, roule tranquillement… et pars à la recherche du camion-citerne pour faire le plein.

Il y a beaucoup plus d’activités que dans mes souvenirs!

Et là… surprise.

Le camion est bien là. Mais vide.

Les 2 jauges indiquent que mes réservoirs sont presque vides!

Moment de flottement.

Petit rappel : nous sommes en 1997. Pas de smartphone, pas d’appli miracle. Je me débrouille donc pour joindre mon instructeur par téléphone, tant bien que mal. Après discussion, décision est prise : je repars vers un autre aérodrome, un peu plus loin, où je devrais pouvoir ravitailler.

Pas vraiment rassurant, avec des jauges qui flirtent dangereusement avec le vide.

Je redécolle donc rapidement, l’œil rivé sur le niveau de carburant.

Chaque minute semble un peu plus longue que la précédente.

Je surveille mes jauges en permanence.
La piste de L22 est assez facile à trouver car elle se situe au bout de cette route droite.

Mais 15 minutes plus tard, soulagement : je suis posé. Et cette fois, pas de mauvaise surprise — je peux enfin faire le plein pour attaquer la dernière étape.

Une escale imprévue de plus dans ce voyage.

Avec le recul, difficile de ne pas constater que ce vol manquait sérieusement de planification. Mais au fond… c’est aussi ce qui en fait toute la saveur.

Parce que oui — c’est aussi ça, l’aventure.

Le tracé effectif de mon vol virtuel

Addons utilisés pour ce vol


👉 Dans le prochain post : la dernière grande étape, retour vers Montgomery Field (KMYF), avec quelques turbulences, du relief et le plaisir de voir San Diego réapparaître au loin…