Solo Cross-Country 1997 → MSFS – Étape 1 (Partie 2) : De Jacumba (L78) à Yuma (KNYL)

Après la pause à Jacumba (L78), le désert paraît encore plus vaste et silencieux que lors du départ. En redécollant vers l’est, on entre dans une zone où les repères se raréfient et où le paysage devient un immense patchwork de rocailles, plaines arides et montagnes basses striées par le vent et le soleil.

Direction plein Est après un décollage piste 25.

Traversée du désert : un couloir aride aux limites mouvantes

Très vite, la route plonge vers les grandes étendues plates qui annoncent l’Imperial Valley, région agricole improbable surgissant au milieu du désert. Entre deux terrains militaires, quelques zones d’irrigation apparaissent comme des mosaïques vertes dans un océan de sable.
En simulation, ces contrastes sont sublimés par la lumière : ça semble presque irréel, mais très proche du souvenir de 1997.

Je quitte les derniers reliefs en arrivant dans l »Imperial Valley« .
L’étendue irriguée s’approche.
La principale ville de l’Imperial Valley : El Centro. Avec derrière mon hauban, la base aéronavale NAF El Centro, base d’entraînement d’hiver des célèbres Blue Angels!
Etonnant patchwork.
Arrivée vers Yuma, attention à la frontière mexicaine!

Une frontière en angle droit… à ne surtout pas “couper”

La particularité de cette approche vers Yuma, c’est la frontière mexicaine.
Loin d’être une simple ligne verticale ou horizontale, elle forme ici une sorte d’angle droit presque géométrique, que la trajectoire frôle de très près.
Se laisser dériver trop au sud, même légèrement, aurait signifié passer dans l’espace aérien mexicain — une erreur qui aurait mis un sérieux coup d’arrêt au rêve du PPL, et ajouté une bonne dose d’administratif.

Autant dire qu’entre le vent, la dérive, la radio et la navigation, j’avais les yeux partout.

“Student Pilot”… avec un accent français

C’est là qu’un petit moment de stress m’a marqué à vie : les communications radio.

Je me souviens très bien de la difficulté à comprendre les contrôleurs dans cette région, l’accent local, les fréquences parfois chargées… et mon propre accent francophone qui n’aidait pas toujours à être immédiatement compris.
Résultat : j’enchaînais les « Student pilot » à presque chaque transmission, comme pour dire : “Soyez indulgents, je fais ce que je peux !”.

Avec le recul, il y a eu un point où j’aurais dû faire mieux : mon instructeur ne m’avait pas vraiment préparé à cette arrivée particulière, et j’ignorais qu’il fallait contacter SoCal Approach avant d’appeler la tour de Yuma.
Je l’ai appris bien plus tard… mais sur le moment, j’ai simplement improvisé, un peu tendu, mais suffisamment pour m’en sortir.

Direction plein Sud pour rejoindre la longue finale de la piste 8.

Yuma (KNYL) : une piste gigantesque pour un Cessna 152

Quand la piste de Marine Corps Air Station Yuma est enfin apparue dans le pare-brise, c’était un soulagement.
Et surtout : un choc visuel.

Je me souviens avoir été persuadé que je pouvais me poser dans la largeur de la plus petite des 5 pistes (piste 8), tellement elle me semblait immense !
En simulation, ce ressenti est intact : cette piste est démesurée pour un petit Cessna 152 qui traîne son ombre à 60 nœuds en courte finale.

Etant donné que mes souvenirs étaient un peu vagues quant à la trajectoire à emprunter pour arriver vers la piste 8, j’ai « observé » quelques trajectoire réelles de Cessna 172 sur FlightRadar24 pour me faire une idée plus précise. En voici 2 exemples concrets :

Et ci-dessous, ma trajectoire virtuelle effective. C’est assez ressemblant, non?

Pour naviguer, j’ai repris les mêmes repères radios qu’à l’époque :

  • Imperial VOR (IPL) pour ancrer la route vers l’est,
  • puis Bard (BZA) qui marque la transition vers Yuma, située juste au sud.

Ce sont des aides simples, mais dans ces régions où la topographie se ressemble d’un vallon à l’autre, elles deviennent de véritables cordes vocales tendues à travers le désert.

Voici encore d’autres représentations de mon arrivée, avec le fameux angle de la frontière :

Une belle pente stabilisée…presque…

Touché… roulé… respiré.

Ce premier grand saut dans le désert venait de se terminer.
Après l’adrénaline, la chaleur et la concentration, un petit en-cas bien mérité sur le parking n’a jamais eu un goût aussi agréable.
Le voyage n’était pourtant qu’à son début.

👉 Dans le prochain post : la longue traversée vers Twentynine Palms (KTNP), entre souvenirs et surpise…