Solo Cross-Country 1997 → MSFS – Étape 1 (Partie 1) : De Montgomery Field (KMYF) à Jacumba (L78)

Introduction : Refaire mon vol fondateur, 28 ans plus tard

En avril 1997, je réalisais l’un des vols les plus marquants de ma formation de pilote : le long cross-country solo, cette navigation d’au moins 150 nautiques, jalonnée de trois atterrissages complets, que tout élève doit effectuer entièrement seul. C’était l’épreuve où l’on quitte vraiment le confort du terrain habituel pour affronter l’espace aérien contrôlé, le désert, le relief… et surtout la responsabilité totale de la navigation, des décisions et des imprévus.

Le 15 avril, j’ai donc pris place à bord du Cessna 152 N24750, basé à Montgomery Field (KMYF), pour une boucle ambitieuse : KMYF → KNYL → KTNP → KMYF.

En rose : la route réelle approximative de 1997. En bleu : les déviations effectuées dans MSFS.

Un itinéraire simple sur la carte, mais riche en défis : vastes zones désertiques, proximité de la frontière mexicaine, espaces militaires, et suffisamment d’inconnues pour faire monter la tension. Sur les conseils de mon instructeur, j’avais même embarqué une bouteille de quatre gallons d’eau — près de quinze litres — au cas où un atterrissage forcé dans le désert se révélerait nécessaire.

Ce jour-là, mon petit Cessna 152 m’a conduit de San Diego à Yuma, puis vers Twentynine Palms, avant un retour dans la lumière déclinante qui, encore aujourd’hui, reste gravée comme un moment suspendu.

Près de trente ans plus tard, j’ai choisi de refaire ce même parcours dans Microsoft Flight Simulator, étape par étape, pour confronter mes souvenirs aux paysages numériques magnifiquement recréés.
Ces quatre articles racontent à la fois le vol d’origine et sa reconstitution moderne : les sensations, les zones survolées, les anecdotes et tout ce qui fait la saveur unique de ce premier grand voyage en solo.

Bienvenue dans ce récit en quatre volets.
Installez-vous, et laissez le moteur du Cessna 152 vous ramener en 1997.

Revoler ce trajet près de 30 ans plus tard… en simulation

Dans MSFS, j’ai décidé de refaire exactement ce parcours, mais avec des étapes un peu plus courtes. La première branche KMYF → KNYL étant assez longue, je l’ai coupée en deux et je me suis arrêté à Jacumba (L78) pour cette première partie.

Mon vaillant petit Cessna 152 au parking à Montgomery.
Au « Run-Up » piste 28L, prêt à décoller.

Dès le décollage de KMYF, les sensations reviennent : le bruit familier du Lycoming, la route qui se dessine vers l’est, et surtout la zone d’approche très fréquentée de San Diego International (KSAN) juste au sud. Comme en 1997, il faut strictement tenir les altitudes prescrites pour ne pas se retrouver nez à nez avec un liner en approche. Même virtuellement, la concentration remonte d’un cran.

Gillespie Field (KSEE) sous mon aile gauche : l’aéroport où j’ai effectué mon tout premier vol solo quelques jours auparavant.
Sur ma droite : Sweetwater Reservoir.
San Diego Downtown en arrière plan.
J’ai calé mon instrument de navigation sur le radial 084 du VOR de Mission Bay pour ne pas entrer dans la zone d’approche de KSAN et comme on peut le voir, je flirte avec les limites…
Passage près de Lyons Peak (3760 ft).

Une fois libéré vers l’est, le relief change rapidement : San Diego disparaît derrière les collines, les premiers sommets de la chaîne côtière apparaissent, et très vite c’est l’immensité ocre et sèche du désert californien qui prend le relais. Entre les roches ocres, les vallées asséchées et les zones militaires qui quadrillent la région, ce segment n’a rien de monotone.

Arrivée sur Barrett Lake, un point visuel facilement reconnaissable et qui indique que je sors de la zone d’approche de KSAN.
Sous mon aile gauche : Morena Reservoir.

La frontière mexicaine… un trait à ne surtout pas dépasser

L’un des moments marquants du vol réel — et tout aussi vrai en simulation — est la proximité avec la frontière du Mexique. Le plan de route la longe d’assez près, suffisamment pour obliger à constamment surveiller sa trajectoire. On a parfois l’impression qu’un léger coup de vent pourrait vous envoyer du mauvais côté… et ce n’est vraiment pas le genre de surprise souhaitée lors d’un solo PPL.

Je commence à distinguer au loin devant moi, la colline qui se situe à proximité de Jacumba.

Arrivée à Jacumba (L78)

Après avoir franchi les montagnes et glissé dans la vaste cuvette désertique, Jacumba se révèle comme une oasis d’asphalte au milieu de nulle part. C’est là que j’ai décidé de couper cette première étape. Un terrain isolé, silencieux, presque hors du temps… l’endroit idéal pour faire une pause avant de poursuivre le périple vers Yuma.

Comme c’est la première fois que je me pose sur cette piste, je me suis fait un peu surprendre par cette colline qui rend le circuit d’atterrissage un peu périlleux…Sur cette image, on distingue clairement le mur qui sépare la Californie du Mexique, c’est vraiment très proche!
Au final, je ne m’en sors pas trop mal.

Mais la suite ne sera pas de tout repos : zones militaires actives, longues étendues désertiques et souvenirs très précis du vol original…
Et puis, il y aura l’arrivée à KNYL et ses petites surprises.

👉 À suivre dans le prochain post : la deuxième partie de l’étape KMYF → KNYL, et le survol des zones militaires autour d’El Centro…